
Hier matin, nous sommes partis à l’aube de notre hôtel de Bombay, direction Coimbatore dans le Sud de l’Inde. Une voiture nous y attend pour prendre la route de Coonoor, une ville dans les montagnes Nîlgîri, à 1800 mètres d’altitude. L’itinéraire nous offre une vue impressionnante et quelques émotions dans les virages… Le climat se radoucit et s’humidifie. La végétation y est très verte (et oui) aérienne, et massive. Les champs de thé sont visibles à perte de vue.

Nous arrivons à l’hôtel, et reprenons des forces avec un déjeuner toujours aussi épicé. Nous sommes rejoints par Indrajit qui jouera non sans humour à notre guide. Mais Indrajit a surtout un rôle très important pour la production de thé à Coonoor :

Indrajit préside une organisation qui coordonne les différentes plantations de la région, et qui met en relation les producteurs avec les clients tels que Lipton. Sa structure gère une partie de la logistique et de l’administratif liés à l’export, et assure le contrôle qualité. Il n’est cependant pas revendeur, la vente se faisant en direct et en toute transparence entre le client et le producteur. Indrajit apporte également des conseils en développement produit, une telle expertise dans le domaine du thé durable étant rare.
Il nous présente comment s’est déroulée la certification Rainforest Alliance pour les plantations avec qui il travaille. La préparation a pris une année, et a permis aux plantations de réaliser un certain nombre d’améliorations prévues de longue date : construction de murets contenant l’érosion dans les champs, arbres plantés pour enrichir le sol en nutriments, drains pour mieux évacuer l’eau, tout en respectant les réserves d’eau naturelle à proximité. Fait intéressant, des plantations de tailles très diverses (de 2 ha jusqu’à une centaine pour les plus grandes) se sont ainsi mis aux normes de la certification Rainforest Alliance.

Nous sommes ensuite accueillis dans la plantation de Glendale, où le responsable nous propose un thé accompagné de délicieux gâteaux. Il nous présente en détail quelques exemples d’améliorations sociales ou écologiques sur sa plantation : le tri des déchets, des plantes anti-érosion aux vertus médicinales, des formations pour lutter contre le harcèlement sexuel, des paies par virement afin de favoriser l’ouverture de comptes bancaires et l’épargne, et bien d’autres sujets plus techniques !

Nous nous rendons ensuite dans un dispensaire où un docteur est présent à plein temps pour pouvoir soigner 1400 employés, et près de 6000 personnes au total puisque leurs familles ont également droit aux soins. Le docteur est aussi affable que passionnant. Nous échangeons longuement avec lui sur les soins réalisés dans le dispensaire, le système de santé indien, les retraites, et l’urbanisation qui provoque une pénurie de main d’œuvre agricole.

Un peu plus haut, nous allons voir les maisons des cueilleurs de thé, dont le loyer et l’électricité sont pris en charge par la plantation. L’un des cueilleurs nous ouvre sa porte, et au delà d’un intérieur plus que correct, nous y découvrons une télé… offerte par le gouvernement.

Nous finissons la journée par un petit tour dans un champ de thé, pendant qu’Indrajit nous en dit plus sur les différentes sortes de thé et leur production : noir, vert, blanc…





3 commentaires
Par Jeremy le 3 fév à 09:13
Ca a l’air bien dépaysant! Et j’espère néanmoins que toutes les plantations, à terme, seront aussi bien gérées que celle-ci.
Par Frédéric le 3 fév à 10:04
c’est vraiment magnifique, on ne lasse pas de regarder les photos, je n’ose même pas imaginer la beauté des paysages en réalité!
Par xavier le 3 fév à 10:24
Great pics! (maintenant je boirais mon Yellow label ou mon thé vert Lipton avec « d’autres yeux » si je puis dire ;-), je veux dire que je visualiserais des trucs en le sirotant). Content d’apprendre que les conditions de vie des cueilleurs sont plutôt bonnes – même si on semble encore loin du niveau de vie des classes moyennes naissantes en Inde – on dit que la cueillette est un boulot exténuant, est-ce pareil dans une plantation « durable »..?
Je pense que l’économie du thé est de toute façon basée sur l’excellence et que Mariage-frères ou Kousmichoff par exemple, sélectionnent aussi les plantations durables…
J’y pense-là, vous pourriez en profiter pour lancer une procédure de jumelage avec un autre terroir d’exception, le vignoble bordelais, ils pourraient se refiler mutuellement leurs expertises, lol.
Bons déjeuners plein d’épices à vous, en attendant d’autres belles photos!