
Jeudi matin, nous terminons notre tour des plantations certifiées Rainforest Alliance fournissant du thé pour Lipton Yellow. Une fois arrivés dans la Sutton Estate, le directeur prend le temps de nous expliquer certaines spécificités de la culture du thé.
Par exemple, sont cueillis en priorité le bourgeon et les 2-3 feuilles suivantes :

Le banjhi est un bourgeon dormant en général accompagné de 2 feuilles, et dont la croissance s’est arrêtée :

Son goût est différent de celui d’un bourgeon classique, et sera donc évité (pour nos thés en tout cas).

Pour passer d’un bourgeon sans feuille à la cueillette il faut en général 3 mois. Après la cueillette, il ne faut attendre qu’un mois pour re-cueillir cette même branche. Mais en pratique la cueillette se fait tous les 10 jours, en alternant différentes branches.
Les saisons affectent la façon de cueillir le thé, principalement au niveau de la hauteur de coupe. Mais la région des Nilgiri étant propice à la culture du thé, ses plantations ont la chance de pouvoir produire du thé tout au long de l’année, alors que dans d’autres régions, la culture du thé ne peut se faire que 9 mois par an. Cependant la qualité varie aussi selon les saisons. Voilà pourquoi avant d’arriver dans un sachet Lipton Yellow, un mélange est effectué parmi des thés de différentes régions du monde.

Après cette session théorique aussi passionnante que technique, nous passons à la pratique dans un champ en compagnie de cueilleuses de thé. Celles-ci ont la gentillesse de nous expliquer comment faire…

Et c’est loin d’être évident : il faut identifier rapidement combien il y a de feuilles en haut de l’arbuste, si le bourgeon n’est pas un bhanji, cueillir en tournant le tout délicatement à la main, tout en se déplaçant sans se prendre les pieds dans les racines (j’en connais un à qui c’est arrivé ;) Bref, c’est un métier !

Les plantations s’équipent également d’outils pour augmenter le rendement de la cueillette, et ainsi faire face à un manque de main d’œuvre, conséquence du départ des jeunes générations éduquées à la ville :

Ainsi que de machines :

François a d’ailleurs réalisé une petite vidéo montrant ces 3 techniques :
Cependant en mécanisant la cueillette, la récolte est moins précise, et nécessite bien plus de tri en aval :

Des feuilles de tailles très inégales
Une fois notre modeste cueillette finie, nous sommes invités à déjeuner par Minu, la femme du directeur de la plantation. Minu est un excellent chef, ayant remporté des concours de cuisine très relevés.

Nous nous régalons avec entre autres un poisson cuit dans une feuille, des œufs fourrés à la viande, ou d’une crêpe à la pomme « mi-bretonne mi-pancake ».

Une fois ce copieux déjeuner terminé, Minu nous donne un cours de cuisine indienne. Elle nous fait préparer les plats que nous venons de déguster, avec plus ou moins de réussite selon l’élève ;)
Elle nous apprend également ce qu’une cuisine doit avoir en stock pour cuisiner à l’Indienne. Il ne me reste plus qu’à acheter de nouveaux ustensiles, et surtout… des épices !



Un commentaire bien seul
Par M Chaoba le 7 fév à 04:06
Miam, Miam , donc Xuoan , il nous faut les recettes maintenant